Les femmes, toujours plus nombreuses dans les romans policiers

En proposant leur propre vision et en refusant de rentrer dans des cases, les femmes ont su s’imposer dans un univers connu pour sa violence crue et très masculine. Aujourd’hui, ces reines du crime ont investi tout le champ des romans policiers et il y a pas mal de raisons de s’en féliciter.
Retour sur une tendance qui s’accentue au fil du temps…

En Angleterre, Ruth Rendell, Sara Paretsky ou Patricia Cornwell, ont longtemps surfer sur la liste des best-sellers, laissant souvent derrière elles leurs homologues masculins, toujours aussi attiré par les détective porté sur la bouteille et la bedaine bien remplie. Ainsi, elles sont désormais connus et reconnus pour leur écriture plus légère, moins choquante, plus psychologique et sociétale. Leurs engagement peuvent se faire sentir aux travers de leurs écrits tout comme leurs expériences personnel dans leurs plumes.
Bien que la critique ai longtemps rendue minoritaire ces écrivains au féminin, elles redessinent désormais les romans policiers et s’inscrivent pleinement dans les parages de la littéraire noirs.

Mettre fin aux stéréotypes

Peu à peu, les écrits féminins vont rejoindre la dureté et la froideur de leurs homologues masculins. Ces choses épouvantables et choquantes qui n’existaient pas vont très vite se retrouver au cœur des romans de Patricia Cornwell ou de Fred Vargas. Les romans policiers ne font pratiquement plus la distinction entre les genres, il est devenu commun de voir un livre écrit par une femme au rayon polar. Les femmes disposaient en plus d’un véritable buzz autour de leurs écrits, notamment en raison de la violence et de noirceur des écrits qui, il y a quelques années encore, choquaient et surprenaient. Les choses ont aujourd’hui changé et les femmes sont désormais sur tout les fronts,toute les intrigues, se posant de moins en moins de questions et narrant des histoires des plus énigmatiques aux plus sombres.

Les femmes s’embarrassent moins et ne cherchent pas à faire une « littérature d’hommes ». Elles ont leur propre vision de la violence et de la société. On voit ainsi émerger des victimes de plus en plus dignes dont la mort n’est pas toujours bourrins ou d’une violence sans nom mais dont l’origine se trouve dans un accident ou dans la maladie, la perte d’un proche ou un combat personnel. Doucement mais sûrement, elles brisent tous les stéréotypes, le héros laisse de plus en plus sa place à l’héroïne.

Dans son livre, Le saut de l’ange, Lisa Gardner inverse ainsi le schéma vieux comme le monde de la victime féminine et de l’enquêteur masculin. Le discours se fait plus psychologique et le tragique plus présent. Favorisé par un lectorat féminin adepte de ce type de roman, les auteurs féminin ont pleinement investi la littérature policière.  Décrivant des héroïne plus subversives et troublantes, ces personnages servent d’accroche, permettant ainsi aux lectrices de se retrouver aux travers de leurs nombreuses lectures.

 

Bienvenue au pays des préjugés

Si les auteures de romans policiers vendent autant que leurs homologues masculins, elles continuent malheureusement d’être rangées dans des cases. Et elles sont nombreuses en France à subir des remarques aussi aberrantes que sexistes. Souvent jugé comme du « polar de nana », des romans à l’eau de roses, les faux compliments vont bons trains quand il s’agit de parler de livre écrit par une femme.

Les préjugés ne s’arrêtent pas là puisque certains auteurs semblent même avoir des noms masculin comme Fred Vargas. Effectivement, on aimerait bien pouvoir échapper à cette espèce de rangement dans des cases selon notre genre. Mais c’est comme partout ailleurs dans la société, qu’on veuille le voir ou non.

Pour Catherine Chauchard : « C’est vrai que les gens qui ont le pouvoir dans ce milieu-là, c’est-à-dire les éditeurs et les directeurs de collections, sont plus majoritairement des hommes que des femmes, même si ces dernières ont trouvé une place nouvelle. Il y a quelques directrices de collection et pas des moindre, mais globalement, ça reste une affaire d’hommes. Concernant les romancières, c’est vrai qu’avant les années 90, elles faisaient un peu phénomènes de foire, mais c’est rentré dans les moeurs. Je ne sais pas si une jeune femme qui arrive dans ce milieu doit faire plus ses preuves qu’un homme. Je n’en suis pas sûre. Je pense que c’était beaucoup plus fort il y a quelques années. Les femmes se sont beaucoup défendues de ça. Elles en avaient assez de ce discours, de ces préjugés qui ne reposaient sur rien finalement ».  – Propos recueillis par Terrafemina –

Bien sûr, les hommes ne sont pas les seuls à écrirent et il est rare de s’entendre dire qu’on ne souhaite pas lire un livre parce qu’il à été écrit par une femme. Pourtant, des différences existent encore et les chiffres ne mentent jamais. Si les femmes sont aussi présentes que les hommes dans le milieu littéraire, reste qu’elles continuent d’être mises à l’écart. Ainsi, elles gagnent peu de prix littéraires (16% de lauréates depuis le début du 20e siècle en France), les romans mettant en scène des héroïnes sont également peu primés, pour ne pas dire franchement ignorés, et selon l’analyse faite par une maison d’édition irlandaise, les auteurs eux-mêmes ne s’intéressent pas aux écrits des romancières.

Les femmes ont peut-être dominé le roman policier depuis le début de ce genre, mais comme le dit si bien Elsa Marpeau : Les femmes peuvent être aussi violentes que les hommes et traiter des mêmes sujets qu’eux avec autant de noirceur et d’esprit politique. Pourtant, le regard des gens du milieu n’est pas le même pour un homme ou pour une femme et le travail à accomplir pour changer cela, semble encore long.

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