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DÉCOUVERTE! Les enquêtes d’Antoinette – ÉPISODE 1

lesenquetesdantoinette.com

Les enquêtes d’Antoinette

Salut à tous les adeptes de Gangdethriller!

Je me présente Antoinette, du blog lesenquetesdantoinette.com

J’aimerais aujourd’hui vous présenter une de mes enquêtes, histoire de voir un autre format de thriller, plus court et surtout participatif.
Je vous explique :

Sur le blog, à chaque nouvel article, une enquête et c’est à vous de la résoudre.

Je suis une femme de ménage un peu spéciale, plus focalisée sur les indices que la poussière, mais je vous laisse découvrir.

 

 

 

Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite et indépendante de ma volonté. Ce serait dingue, mais je préfère prendre mes précautions.

 

 

Tramway n°42 direction quartier de la Mortaigne…. J’ai suffisamment de place pour déplier mon journal et je me plonge dans  la gazette de Boursy les mines.

Scooter en panne, lecture dans le tram…

« Agressions en série à Clichy en goguette

Deuxième agression à Clichy,

Le faucheur de doigts a encore sévi. Encore une malheureuse retrouvée sur l’île aux oiseaux en plein milieu du parc de la Soulette avec le petit doigt coupé. Après le majeur manquant, aujourd’hui l’auriculaire absent.

Des cris ont alerté les premiers joggeurs matinaux. L’un deux a emprunté une barque sur les bords de la berge pour rejoindre la victime avant l’arrivée des pompiers et de la police.

Le maniaque que l’on surnomme déjà le faucheur de doigts se concentre sur des femmes d’âge mûr. Les agressée se souviennent  d’une vague impression d’être suivie et de l’odeur écœurante de l’amande amère.

Elles se sont réveillées le lendemain avec le membre en moins, la première au pied des grilles du métro St Gabriel et l’autre au pied d’un arbre sur l’île du parc de la Soulette, comme mentionné plus haut.

Les techniciens n’ont relevés aucun sévice sexuel. Aucune trace de lutte ni de blessures n’apparaissent sur les corps de victimes. Le médecin légiste a mentionné qu’elle avait au moins dormi pendant 12 heures sous l’action d’un puissant anesthésique puisqu’elles n’ont pas souffert de l’opération.

L’enquête de la police suit son cours.


En page 2, une interview du joggeur héroïque : Pour une fois que je courrais avec un pote ! D’habitude j’ai toujours mon casque sur les oreilles, je n’entends rien.

Mais là, il y avait le piaillement des oiseaux et quelque chose en plus, une voix aiguë. Quand j’ai tourné la tête, j’ai vu cette petite blonde, toute menue.  La femme errait, perdue, après avoir réussi à capter notre attention.

Puis elle s’est mise à s’agiter dans tous les sens en cherchant sa chaussure. Un escarpin bordeaux. Je me suis aperçu qu’elle saignait. C’à ce moment là qu’elle est devenue hystérique, à la vue de sa main sans son petit doigt.

Ensuite, elle s’est évanouie. J’essayais de lui dire que ce n’était qu’un petit doigt… 

En page 4 : le symbolisme du petit doigt(…)

 

Difficile de lire tranquillement. L’affluence va grandissante. Je replie mon journal et m’attèle à la dernière page : Une association nippone d’ornithologie fait escale dans le quartier pour étudier la migration des hirondelles tsunabe. Chacun ses passions.

Il faudra quand même que je discute avec Jules Verrene de cette histoire de faucheur de doigts! Ça me donnera l’occasion de lui rendre une petite visite.

Les nouvelles de mon boyscout de la police se font rares. A force de lui repasser ses chemises, c’est comme si on se connaissait depuis toujours. Et puis, on habite le même pallier.

Je ne le tanne jamais sur les affaires en cours. Souvent, je le laisse travailler et c’est lui qui me relance.

Mais ça va dans les deux sens. Il m’arrive de lui demander des renseignements sur les gens chez qui je fais le ménage. Moi, j’aime bien savoir à qui j’ai affaire.  La confiance c’est réciproque.

 

J’ai épluché ma feuille de chou dans toutes les directions. Maintenant, je pense au faucheur de doigts.

Ça me fait rire : pourquoi pas le remplisseur de gant tant qu’ils y sont. Ah ces journalistes ! Toujours à se focaliser sur l’extérieur.

Et comment va-t-on appeler le criminel et qui s’occupe de l’enquête. Pas grand-chose sur les victimes. Moi si j’enquêtais, je chercherais la profession des victimes. Des pianistes, ou des dactylos.

On sait jamais, peut être que l’agresseur s’est  luxé l’auriculaire en se bouchant les oreilles pour éviter d’entendre une joueuse d’orgue peu douée. Ou qu’il s’est coincé l’annulaire dans une machine à écrire en essayant de corriger un texte parsemé de fautes par sa secrétaire.

Ça me donne quand même le frisson. Brrr. Je pense à quel doigt je serais prête à sacrifier. Et puis, il reste beaucoup de possibilité d’action au faucheur. Pourquoi pas les dix doigts, et les orteils ? Ça laisse encore 18 victimes potentielles.

 

N’importe quoi Antoinette ! C’est dingue comme des articles de journaux laconiques peuvent stimuler mon imagination. Bah, c’est normal, quand on fait le ménage, l’esprit s’envole plus léger qu’une bulle de détergent.  À moins que ce ne soit les produits chimiques. Il faut vraiment que je passe au nettoyage bio.

 

Chez Monsieur Ternizien

 

Rue du Général Clémenceau, quartier de la Mortaigne, Terminus. Monsieur Ternizien, mon client, habite un immeuble haussmannien, rue Clémenceau.  Je ne le connais pas très bien. Nous ne travaillons ensemble que depuis trois semaines.

Je passe devant la boîte aux lettres et relève le courrier. Prospectus, factures et une lettre parfumée à l’écriture penchée et ronde. Monsieur Ternizien est un petit coquin.

Je salue la gardienne, Simone occupée à nettoyer la vitre de sa loge. On se parlera tout à l’heure. Après l’effort, le réconfort. Je grimpe jusqu’au quatrième étage.

J’ouvre instinctivement la porte sans sonner car à cette heure il est encore au conservatoire. Monsieur Ternizien donne des cours de hautbois. Ça sent l’encaustique et le chat. Gribouille me passe entre les jambes en se frottant amicalement.

 

Direction la cuisine, il me laisse toujours un petit mot accroché à la porte du frigo.

 

– Changer les draps comme d’habitude, pourquoi le préciser et nettoyer la salle de bains à l’ammoniac, il veut que je perde des neurones ou quoi ?

Je m’atèle d’abord aux draps et à la chambre. Je poursuivrai par la cuisine et je finirai par la salle de bains, sans aérer. Il faut qu’il comprenne que l’ammoniac ça pue, ça pique et ça fait tousser. Ah ! Il est pas prêt de me le redemander !

 

Allez Antoinette, on se retrousse les manches ! J’aborde le nettoyage comme une séance de muscu. Il faut bien s’échauffer, pour tenir sur la longueur.

– 1ere étape : les draps sont en place.

– Prochaine étape : un petit coup d’aspirateur. Malgré les rugissements du combo 200, j’entends les miaulements du chat sous le lit. Inutile de le déranger, Monsieur Ternizien n’est pas du genre à jeter ses vieilles chaussures toutes crottés sous le lit. Il travaille au conservatoire, pas aux espaces verts. Je vais quand même jeté un coup d’œil.

Gribouille est pelotonné en plein milieu avec une chaussure dans le museau. Bien m’en a pris de vérifier. Depuis le temps, je connais mon métier et les clients suspicieux. Leur épreuve favorite : laisser de l’argent sur le guéridon ou coincer des cheveux dans la bonde de la baignoire pour éprouver vos compétences et votre intégrité.

 

Avec le manche de l’aspi, je chasse Gribouille et ramène la chaussure : un escarpin de femme rouge bordeaux du 42, un peu usé sur le plat, le talon presque neuf. Je cherche dans toute la chambre l’autre chaussure et regarde machinalement ma montre. J’ai autre chose à faire si je ne veux pas me mettre en retard. Mais j’ai déjà le plumeau qui s’agite.

 

La Maladie Du Joueur De Hautbois

 

Il cachait bien son jeu ce brave monsieur. La lettre parfumée et maintenant l’escarpin, hummhumm. Pas si tranquille que ça, le vieux joueur de hautbois. Il s’est décroché une coquine ou je ne m’y connais pas. En tout cas, s’il est question de lui faire de la place dans les armoires, il va y avoir du boulot.
Ah, mais qu’est-ce que je vois ? Il a déjà commencé. Des cartons dans la chambre entassés dans un coin. Ouh, que c’est lourd ! Impossible de les déplacer. Des piles de vieux bouquins, à coup sûr.

Une pochette s’ouvre et des radiographies s’échappent. Il y a en a pour tous les goûts, dos, hanche, tête, fémur, coudes et genoux, mains. Un beau puzzle de squelette. Comme si je n’avais pas assez de boulot. Je remets tout en place du mieux que je peux. Tiens, un compte rendu médicale.

 

L’analyse des prélévements ainsi que les différents clichés montrent une atrophie musculaire et articulaire dans la région SN1. Tout laisse à penser à une algodystrophie d’origine génétique évolutive…

 

Je vérifie la date : 13 mars 2017, il y un mois. Je ne m’y connais pas mais le caractère évolutif ne présage rien de bon. Je m’arrête sur le cliché correspondant et je constate ce que je n’avais pas remarqué avant : une photographie d’une main gonflée et déformée.

Si c’est celle de monsieur Ternizien, je me demande comment il parvient encore à se servir de son instrument.

 

C’est à ce moment que les doutes s’installent dans ma tête, ça se passe toujours de cette façon : agitation plumesque (quelque chose me titille) et présomptions qui s’enchaînent (relevé des indices). A ce niveau, rien de suffisant pour confirmer mes soupçons, juste assez pour éveiller ma curiosité. Je suis chatouillée comme qui dirait.

Mais il y a le travail alors c’est reparti. Dans la salle de bain, la baignoire immaculée lance des éclairs d’émail. Tout est déjà aseptisé comme dans un bloc opératoire. Qu’est-ce que c’est que cette tâche colorée sur la tablette au-dessus du lavabo ? Comme un phare dans la nuit, une fiole de vernis à ongle carmin clignote à côté de la brosse à dent.

La première idée qui me traverse c’est que ça s’accorde très mal avec la couleur de l’escarpin retrouvé dans la chambre. Et puis j’ai du mal à déglutir. Je ne sais pas trop pourquoi mais je crois que je vais remettre l’escarpin là où je l’ai trouvé.

 

Allez un peu de musique pour se changer les idées et en avant Guingan. Ah il va l’avoir son odeur d’ammoniac, ce vieux grigoux.

Le nettoyage acharné de cette salle de bain m’a donné soif. Pendant que ABBA chante langoureusement Slipping through my fingers, je m’attable pour boire un verre d’eau dans la cuisine.

L’enveloppe parfumée me fait de l’œil sur le bord de la table. Ah non, ça jamais je ne l’ouvrirais, je sais rester discrète quelques fois! Mais je la hume. C’est un parfum capiteux, une femme d’un certain âge déjà oui c’est ça. L’odeur n’est pas désagréable mais dans la note de fond, je perçois une amertume…

 

De l’amande, l’odeur de l’amande amère. Discret, mais suffisamment présent pour vous retrousser les narines et assez subtile pour souligner la note de tête plutôt axée sur les fleurs blanches.

 

La Boîte À Cigares

 

Je commence à m’agiter. De la matière pour commencer une petite enquête.  De toute façon j’ai presque fini mon ménage. Il ne me reste qu’une pièce à passer au crible : le salon.

Rien de particulier au premier abord. Si ce n’est cette boîte à cigares sur la table basse. Monsieur Ternizien ne fume pas à ce que je sache. J’ai suffisamment d’expérience pour reconnaître l’odeur du tabac.

Elle hante toutes les pièces des maisons de fumeur comme un esprit odorant. Allez Antoinette courage. Confronte ton angoisse à la réalité pour chasser toutes ces idées farfelues de ta tête. Je saisis la boîte. Impossible de l’ouvrir. Je la secoue avec précaution. Quelque chose s’entre choque à l’intérieur, mais c’est inidentifiable.

 

A ce stade, j’ai tout de même besoin de m’aérer. À cause des vapeurs âcres de l’ammoniac ou d’autre chose. J’hésite quand même à me sauver. Et si Monsieur Ternizien était le faucheur de doigts ?

Ça y est c’est dit et rien que la formulation de cette hypothèse m’aide à y voir plus clair. Je rassemble les indices : la chaussure rouge, l’odeur d’amande, le vernis, la boîte contenant… je ne sais quoi et l’algodystrophie.

Et si mon vieux célibataire aigri avait pété un boulard à l’annonce de sa maladie et qu’il convoitait les doigts des autres ? Comme une réparation symbolique de sa main abîmée. On a déjà vu plus saugrenu. J’avoue, les indices restent minces mais suffisants pour que j’en touche un mot à mon petit inspecteur Verrene.

 

Un peu d’air frais ça remet les idées en place. Dommage que je ne puisse pas m’accouder à la rambarde du balcon, Monsieur Ternizien a installé ces pics pour empêcher les pigeons de se poser dessus.

C’est barbare mais il souffre d’ornithophobie : la peur de oiseaux, des plumes enfin de tout ce qui se rapporte aux ovipares ailés. À tel point qu’il évite les parcs, la nature en général, les zoos, les arbres et twitter.  J’évite même toute référence vestimentaire à nos amis à plume quand je sais que l’on va se rencontrer. Banni les boucles d’oreilles perroquet, les tee-shirts à l’effigie d’hirondelle ou de corbeaux.

 

Bon, il est temps de quitter cet appartement. Je ne suis pas pressée de tomber sur mon client. Quand je referme la porte, je croise la voisine d’en face, Madame Concalvez, une chanteuse cubaine exubérante, bijoutée et maquillée comme une chanteuse d’opéra.

Elle, qui d’habitude a l’assurance de dix chefs d’armée rebelle, me lance des œillades gênées et elle me dit bonjour comme si elle me présentait des excuses.

 

Bah, en rentrant dans l’ascenseur avec elle, je suis rassurée. Je fronce le nez. Je sais déjà que Monsieur Ternizien a des choses à se reprocher mais certainement pas la découpe de doigts en série.

Avant de partir, je frappe à la porte de la loge de Simone. Nous avons inventé un rituel toutes les deux : je lui échange la gazette de Boursy les mines contre le Matin de Clichy. Je lance le papier sur la toile cirée de la table et Simone me tend le sien :

“- Je te propose pas de café, Antoinette, j’ai encore un max de boulot.

– Pas de problème, ce sera pour la prochaine. Débordée à ce point-là.

C’est le couple du 6ème…

– Les retraités ?

– Depuis qu’ils pratiquent l’airbnb, j’en peux plus. Tiens, le pire c’est les japonais.

Elle lève les yeux au ciel.

– Ah bon ? Je croyais qu’ils étaient très respectueux.

– Ah oui ? Ben, tu raconteras ça au facteur. La dernière fois, le pauvre, il distribuait le courrier, et pan ! Un nippon sur le dos, qui lui a sauté dessus, comme ça, sans raison.

– Sans raison?

– Il se grattait juste l’oreille ! Et attends, le pire c’est ce petit couple de vieux, la semaine dernière. Ils sortent de l’ascenseur et me font tous les deux des doigts d’honneur en riant. Non mais, tu te rends compte? ”

En sortant de l’immeuble, j’ai le sourire. J’aurai quelques mots à dire à mon cher inspecteur Verrene. Mon petit doigt me dit que je sais où trouver l’auteur des agressions. Et vous ?

Proposez vos solutions en mp à Les enquêtes d’Antoinette et découvrez la clef de l’énigme.

 

Antoinette.

17 thrillers sont à gagner pour le lancement du blog sur lesenquetesdantoinette.com. A suivre…

5 Comments

  1. « En page 4, le symbolisme du petit doigt »

    « C’est barbare mais il souffre d’ornithophobie : la peur de oiseaux, des plumes enfin de tout ce qui se rapporte aux ovipares ailés. À tel point qu’il évite les parcs, la nature en général, les zoos, les arbres et twitter »

    Tu m’as fait rire ! 😀

    La seconde victime est retrouvée sur l’ïle aux oiseaux. Des ornithologues japonais se baladent dans la coin. M. Ternizien a la phobie des oiseaux. Des Japonais louent un appartement Air BnB dans l’immeuble…

    Je suis sûre que c’est lié. Mais je ne vois pas comment 🙂

  2. Bravo Caro Bleu violette, tu as raison.
    Qu’en penses-tu ? Qui est le coupable ? Lance toi !
    Emets une hypothèse. Tu es sur la bonne piste 😉

  3. Alors déjà j’élimine Mr ternizien il a peur des oiseaux, donc il n’irait certainement pas laisser une victime dans un parc réputé pour ses nombreux oiseaux.
    Après le couple de Japonais m’intrigue, pq attaquer le facteur ?
    Et la cubaine pourquoi a t’elle honte ? Vit elle une aventure avec Mr Ternizien , mais bon je ne vois pas qui est le coupable

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