Souvent jugé Pléthoriques voir absurdes, les récompenses littéraires, décernées à tout le monde et n’importe qui, ont-elles encore vraiment un sens ?

Chaque année, c’est des centaines de livres qui font la « queue » chez les éditeurs. Ainsi des dizaines d’auteurs attendent de voir leur travail récompensé, mais à quel prix?

Aujourd’hui, près de 2000 prix sont décerné chaque année donc il est presque impossible pour les auteurs de repartir sans un prix.  Un peu comme pour L’Ecole des fans, tout le monde repart avec la note maximale, sans vraiment récompenser la performance. Un destin qui peut paraître idéal mais qui, dans la réalité, l’est beaucoup moins. Noyé parmi les quelques 700 autres concurrents (au moins) qui se présentent chaque année devant les maisons d’édition, les prix littéraires semblent être un bon moyens de se démarquer et de se faire connaitre, si toutefois certains n’étaient pas si… Farfelus.

Le fameux “Goncourt des animaux”

Le prix 30 millions d’amis, par exemple, également appelé “Goncourt des animaux” et décerné chez Drouant comme le “vrai”, peut ainsi constituer un excellent produit de substitution. Nous ne connaissons pas le nom de l’heureux élu mais on espère qu’Un amour de cochon d’un certain Matt Whyman aura su séduire le jury qui compte Michel Houellebecq dans ses rangs.

 Mais la loi des prix est parfois impénétrable. Un parfait outsider, tel le Suisse Joël Dicker avec son insipide ersatz de polar américain, La Vérité sur l’affaire Harry Quebert (mes excuses à tous ceux qui en font l’apologie mais la rédaction n’a pas accroché) peut ainsi rafler le Grand Prix du roman de l’Académie française et se retrouver en lice pour le Goncourt. Inutile, même, de publier : le prix littéraire Belambra récompense le plus beau texte de carte postale. Une jolie pub pour l’organisation néanmoins.

On imagine alors la joie ressentie par le lauréat du prix du Goéland masqué qui récompense un premier roman policier, permettant de lancer sa carrière en bonne et due forme. Quelle fierté de se voir décerner le prix Trop Virilo qui salue “la poussée de testostérone la plus vivace” ! Comme quoi, sans plaisanterie aucune, l’écriture est faite pour les gens qui  en ont! Gageons qu’il reviendra à Stéphane Zagdanski qui a bravé les limites du ridicule dans son très couillu Chaos brûlant sur l’affaire DSK.

Des prix littéraires toujours plus nombreux et dépourvus de réel sens. Mis à part la médiatisation dont profites les livres et leurs auteurs, rares est le réel intérêt de ces prix.

Jusqu’où?

Avec l’arrivée du prix des prix décerné à un des vainqueurs des huit grands prix de fin d’année: Académie française, Décembre, Femina, Flore, Goncourt, Interallié, Médicis, Renaudot, les remises de prix vont dans tous les sens. Des prix toujours plus farfelus et qui mérite de se poser le question de leurs légitimité. Décerné par des philosophe ou des auteurs, les prix littéraires sont connus pour leur objectivité, peut on dire que le Prix Nadal joue dans la cours des grands dans cette catégorie?  Pas sûr…

Outre les huits plus grands, les « autres » sont-ils réellement décernés en toute objectivité? Et pourquoi un tel matraquage à l’heure où de moins en moins de gens achète un livre pour leurs récompenses?

Le nombre de prix littéraire est croissant chaque année mais au delà de leur aspect ironiques voir clairement parodique (Prix Virilo,…), ces prix sont parfois source de révélation et de découverte pour leur lecteurs. Le prestige des grands prix littéraires s’est développés sur plusieurs années voire plusieurs décennies et la plupart des prix sont encore jeunes, empêchant tout avis négatif totalement objectif. Mais si une chose est sûr c’est qu’ils sont décernés avec tous l’amour de la littérature possible et qu’il n’est alors pas « beau jeu » de dire que ces derniers ne sont pas utile et bénéfique à la diffusion de la pensée littéraires française.

À lire aussi: Vous connaissez les boîtes à livres? Les boîtes à livres, c’est quoi?

À lire aussi: Les femmes, toujours plus nombreuses dans les romans policiers.